Le Droit à l’Alimentation, qu’est-ce que c’est?

Pourquoi un droit à l’alimentation ?

Dans le monde, des millions de personnes ne mangent pas à leur faim. Lorsqu’une personne n’a pas assez à manger ou n’a pas une alimentation diversifiée / équilibrée (peu de légumes, fruits, viandes ou poisson), elle risque de connaitre des problèmes de croissance ou de santé. En effet, le corps a besoin de ces différents éléments pour un fonctionnement ou épanouissement optimal (nutriments, de glucides, de protéines, de lipides, de minéraux, de vitamines, de fibres et d’eau). Si ce n’est le cas, la personne peut souffrir de la faim ou de sous alimentation, ce qui l’empêchera de mener une vie saine et active. Elle peut hélas aussi en mourir si la malnutrition ou la sous alimentation est sévère !

L’alimentation est si importante pour la vie et la santé que les gouvernements de la planète ont reconnu que tout le monde a le droit à l’alimentation.

Le droit à l’alimentation, qu’est-ce que c’est ?

Le droit à l’alimentation signifie que « tous les individus ont le droit de s’alimenter et de nourrir leurs familles en toute dignité ».

Pour ce faire, les individus peuvent cultiver ou élever pour se procurer les aliments dont ils ont besoins ou bien, ils doivent gagner assez d’argent en exerçant une activité rémunérée pour les acheter. Mais même avec de l’argent, il faut que les produits soient disponibles, adéquats et accessibles sur le marché !

C’est un droit humain universel – au même titre que les autres droits humains (droit à la vie, à l’éducation, …) – reconnu aujourd’hui au niveau national, régional et international.

Il appartient à chaque personne, quelque soit son sexe, son âge, sa nationalité, religion ou tout autre critère !

Il y a beaucoup de définition du droit à l’alimentation mais nous pouvons retenir celle de Jean Ziegler, ancien Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation.

Selon lui, le droit à l’alimentation c’est :
« Le droit d’avoir un accès régulier, permanent et non restrictif, soit directement ou au moyen d’achats financiers, à une alimentation quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante correspondant aux traditions culturelles du peuple auquel le consommateur appartient, et qui lui procure une vie physique et mentale, individuelle et collective, épanouissante et exempte de peur.»

Mais attention, comme pour les autres droits, le droit à l’alimentation n’est pas un droit qui obligerait l’Etat ou d’autres personnes à nous nourrir ! Cela ne peut se faire que dans des cas extrêmes de guerre, de catastrophes climatiques (sécheresse, inondations) qui empêcheraient les populations de se nourrir comme d’habitude.

Le droit à l’alimentation n’est pas non plus le droit de manger comme des Américains, de manger de la viande tous les jours, de manger des grandes quantités ou uniquement des produits importés que l’on penserait meilleur pour la santé.

Le droit à l’alimentation ne nous enlève donc pas notre responsabilité par rapport à notre alimentation mais nous oblige à penser « comment nous voulons nous nourrir et nourrir notre famille ».

Quels sont les éléments clés du droit à l’alimentation ?

Le droit à l’alimentation repose sur trois piliers :

1° La disponibilité
Il faut donc que les produits existent et soient sur des marchés, c’est-à-dire qu’on puisse les acheter si on a l’argent.
Cela veut dire que s’il y a beaucoup d’un produit à un moment et puis après, ce produit n’est pas disponible tout au long de l’année, il faudra mettre en place des mécanismes de régulations pour garantir son stockage à un moment et sa vente à un autre.

2° L’accessibilité
Il faut voir l’accessibilité sous deux aspects : économique et physique.
L’accessibilité économique signifie que les individus doivent pouvoir acheter de la nourriture avec les ressources qu’ils ont. L’achat de nourriture ne doit pas se faire en sacrifiant (à la place) d’autres besoins fondamentaux tels que la scolarité, les médicaments, le loyer… Par contre, on peut sacrifier des dépenses qui nous semblent importantes mais non fondamentales : tenues, coiffure, loisirs, bière, etc.

L’accessibilité physique implique que l’alimentation doit être accessible à chacun, proche de son lieu de vie et cela, y compris aux personnes physiquement vulnérables. Si le marché est au-delà d’un fleuve sans pont, les produits sont disponibles mais non accessibles !

On dit encore que l’accès à la nourriture doit être stable et durable : la nourriture doit être disponible et accessible en toutes circonstances (guerres, catastrophes naturelles…) et à tout moment de l’année.

3° L’adéquation
L’alimentation doit être adéquate, c’est-à-dire qu’elle doit tenir compte de l’âge de l’individu, de ses conditions de vie, de sa santé, de son travail. Un enfant doit manger autre chose (en qualité et en quantité) qu’un cultivateur ou un maçon ; celui-ci mangera également différemment d’un fonctionnaire restant au bureau !

Les produits constituant l’alimentation doivent également être sains, c’est-à-dire sans danger pour ceux qui vont les manger. Il faut donc faire attention aux pesticides, aux hormones injectées dans les animaux pour qu’ils grandissent plus vite, aux produits chimiques divers utilisés aussi bien dans l’agriculture que pour la conservation des produits.

Une alimentation adéquate doit également respecter la religion, les coutumes et les habitudes des consommateurs.

Quel est le rôle de l’Etat dans le droit à l’alimentation?

Rappelons que le « droit à l’alimentation » n’est pas d’obliger les Etats à fournir de l’alimentation à la population mais bien de lui permettre d’y avoir accès !

Pour ce faire, l’Etat met en œuvre de nombreuses actions dont par exemple :
– Réguler les stocks de céréales qui représentent la base de notre alimentation : l’Etat achète au moment des récoltes pour que les prix ne chutent pas et puis remet sur le marché quelque mois après à un prix proche de celui d’achat;
– Construit des routes, des ponts et tout autre voie de communication permettant aux communautés rurales d’avoir accès (physique) aux marchés;
– Soutien les collectivités à construire des marchés;
– Met en place des législations pour garantir la qualité des aliments vendus (peut bloquer l’importation de certains produits, contrôle l’hygiène des produits préparés …);
– Propose une politique salariale ou des aides si nécessaire permettant aux citoyens de réaliser leur droit à une alimentation adéquate;
– Soutien l’agriculture par les différents programmes d’appui et la vente d’engrais ou semences subventionnés.

Bien sur, les citoyens pensent que tout cela n’est pas suffisant pour garantir le droit à l’alimentation et c’est en partie vrai. L’Etat doit encore faire plus par exemple en limitant les importations de produits concurrentiels aux produits locaux togolais (importation massives de riz, pomme de terre, poulets congelés, etc. alors que le Togo peut en produire en quantité pour toute sa population). Un système d’aide sociale devrait être mis en place par l’Etat pour les plus nécessiteux, des lois, codes ou autres pourraient être revus, l’accessibilité améliorée car certains marchés/localités ne sont pas accessible durant toute l’année …

Pour que l’Etat fasse plus, il faut que nous, citoyens, l’interpellions, lui demandions des comptes, veillons à ce que ce droit à l’alimentation soit respecter au mieux !

Et notre rôle dans le « droit à l’alimentation »

Nous avons un rôle sur notre propre alimentation mais également sur celle de notre famille et de nos proches (ceux pour qui nous préparons).

Pour ce faire, nous devons comprendre ce qu’est une alimentation adéquate, saine et équilibrée.
Nous devons promouvoir les produits locaux
Nous devons consommer nos produits c’est-à-dire des produits qui répondent à nos traditions culturelles.

NB : Une boutique-bar-restaurant (BoBaR) des produits locaux a été ouverte à Lomé dans le quartier Bè, au bord de la lagune de Bè non loin de Bè-Beach.

Sources : Le droit à l’alimentation : une fenêtre sur la planète, FAO ; http://www.srfood.org/fr; Toxic, William Reymond ; les additifs alimentaires : dangers, Corinne Gouget.

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