Le développement de l’élevage et sa contribution à la sécurité alimentaire ont fait l’objet d’une table ronde organisée le 27 septembre 2026 à Lomé par l’Organisation pour l’alimentation et le développement local (OADEL). Inscrite dans le cadre du projet « Des éleveurs aux consommateurs » (DEC), cette rencontre a réuni des représentants des ministères chargés de l’Agriculture et de l’Élevage, des organisations professionnelles et interprofessionnelles d’éleveurs, des institutions financières et de recherche, des ONG ainsi que des médias.
Placée sous le thème « Le développement de l’élevage au Togo : quels défis pour la sécurité alimentaire et la consommation », la rencontre visait à favoriser un dialogue entre les différents acteurs de la filière animale. Les présentations et les échanges ont permis de faire ressortir plusieurs difficultés qui entravent le secteur et de dégager des pistes de solutions à soumettre aux autorités compétentes.




Pour Koffi Stéphane Eklo, chargé du projet « Des éleveurs aux consommateurs » (DEC), cette rencontre a permis de mettre en évidence les difficultés qui affectent les différents maillons de la filière animale. Il estime que leur résolution passe notamment par une meilleure structuration des organisations interprofessionnelles, afin qu’elles puissent mieux faire remonter les préoccupations de leurs membres auprès des pouvoirs publics et participer à la recherche de solutions adaptées.

« Les difficultés concernent l’ensemble de la filière animale. Malgré les efforts consentis par l’État, des améliorations restent nécessaires, notamment dans l’organisation des interprofessions et leur capacité à porter collectivement les préoccupations des acteurs », a-t-il déclaré.
Les préoccupations des éleveurs ont également occupé une place importante dans les échanges. Représentant les éleveurs de la région de la Kara, Laré Lamboni a notamment évoqué les difficultés liées à la santé animale et les désaccords autour de la prise en charge des frais occasionnés par les déprédations dans les champs. Il a salué les discussions ayant permis d’aborder le partage de ces responsabilités entre agriculteurs et éleveurs.

« La santé de l’animal fait partie de la santé de l’homme », a-t-il rappelé, avant de souligner que les frais de déplacement des agents d’encadrement et des forces de l’ordre en cas de déprédation ne devraient pas être supportés par le seul éleveur. Pour lui, les deux parties doivent contribuer à leur prise en charge.
De son côté, le Dr Kossi Mabalo, président de l’Ordre national des médecins vétérinaires du Togo, a relevé plusieurs défis à relever pour améliorer les performances de l’élevage. Ceux-ci concernent notamment la modernisation des infrastructures, l’amélioration de la productivité, le renforcement des services vétérinaires, l’accès au financement ainsi que le développement des capacités de transformation et de conservation.
Il a également insisté sur la nécessité d’améliorer le contrôle sanitaire des produits d’origine animale, notamment en ce qui concerne l’utilisation des médicaments vétérinaires et la présence éventuelle de leurs résidus dans les aliments. La redynamisation des organisations professionnelles et l’amélioration de la commercialisation figurent aussi parmi les chantiers identifiés.

« Il faut donc investir dans la modernisation des infrastructures d’élevage et disposer également de nos propres races, notamment celles qui sont les plus productives », a-t-il indiqué. Il a par ailleurs insisté sur l’accès au financement, qu’il considère comme un levier essentiel pour accompagner la modernisation des exploitations.
Au terme des échanges, les différentes interventions ont mis en évidence le caractère transversal des difficultés de l’élevage au Togo. De la production à la commercialisation, en passant par la santé animale, le financement et l’organisation des professionnels, plusieurs chantiers nécessitent une réponse concertée. Les recommandations issues de cette table ronde seront également seront soumises aux autorités compétentes. Leur mise en œuvre pourrait contribuer à renforcer les capacités des acteurs de la filière, à améliorer l’offre en produits d’origine animale et à consolider la sécurité alimentaire des populations.
Amen Tewou